L'arbre du Chat

La sagesse du chat perché...

30 décembre 2007

In the name of the Rose...

Photo prise il y a un moment déjà... Je joue à l'artiste pour m'empêcher de jouer à l'écrivain...

In_the_name_of_the_rose

Ce soir j'ai envie de disparaître.

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29 décembre 2007

De l'autre côté du miroir

Je me freine pour ne pas poster 15 messages à l'affilée. Pourquoi ? Pour ne pas trop en dire je pense. Depuis mon précédent blog, je m'étais jurée de ne plus faire étalage de mes états d'âme sur internet. De ne parler que quand ça allait bien.
Ta gueule Sarah. Souris. Voilà.
Je m'étais jurée. Parce que j'en avais assez qu'on prenne des gants avec moi, comme si j'avais un coeur en porcelaine, ou plutôt comme si j'étais une bombe qu'on ne voulait surtout pas voir exploser. J'en avais assez de ne recevoir que des commentaires à côté de la plaque, de la psychologie de bazar de gens qui au final n'y comprenne rien. Marre de Skymerde, avec les messages de pub, ou pire, les commentaires uniquement axés sur mes photos parce qu'ils avaient la flemme de lire mes textes. Ou pire encore. Pas de commentaires. Devoir mendier les visites auprès de mes amis pour qu'ils se décident enfin à y jeter un oeil.

On dirait bien que je ne peux pas m'en empêcher. C'est peut-être parce que je n'ai personne à qui parler. Parce que je n'arrive pas à parler. Parce que j'ai peur qu'on me dise une fois de plus "arrête de dramatiser, on a tous des problèmes", et de me retrouver au bord de la crise de nerfs. Je ne veux plus crier. Je suis trop vide après. J'écris à la place. Je vide l'abcès. Je ne pleure pas. Je voudrais mais je n'y arrive pas. Je voudrais suivre l'avis qu'on me donnait, arrêter de dramatiser et me consacrer aux autres mais je suis trop centrée sur moi-même pour y parvenir.

J'ai besoin qu'on me dise qu'on m'aime. Je n'en peux plus de me sentir seule. Seule en cours. Si je ne vais pas vers les autres, si je ne quémande pas l'attention, la journée peut se passer sans qu'on vienne me parler. Je fais des efforts. Je me déplace. Je bouge, je souris, je parle. Je remotive les autres alors qu'à l'intérieur de moi, je me sens comme un cadavre. J'ai froid. Mes amis du lycée me manquent. Mes amis que je ne vois plus. A qui je ne sais plus quoi dire, même sur msn. J'ai besoin que TU me dises que tu m'aimes. Que je ne suis pas juste un doudou à serrer contre soi, un épouvantail qui fait temporairement fuir tes monstres. J'aimerais que mon empathie me serve à autre chose qu'à ressentir la peine et la douleur des autres. Être capable d'absorber aussi bien la joie et le plaisir. Mais non. D'ailleurs, je suis de moins en moins capable de ressentir les autres. Je perds ça aussi. Je perds tout. Je suis une hémophile vitale.

J'ai envie qu'on me foute la paix, d'être sans sentiments, minérale, et en même temps je rêve de chaleur animale. L'esprit de meute. Appartenir à un groupe. Et ne pas être celui qui a une patte boiteuse. Alors je végète. Comme une vieille marre croupie et qui pue. C'est comme si j'étais anesthésiée. Tout est difficile. Me lever le matin. M'habiller. Sortir de chez moi. Réagir. Parfois, c'est comme si mon corps ne m'appartenait pas. J'ai besoin de me gifle pour retrouver la moindre sensation tactile. Gifles sur mon visage, mes seins, mon ventre mes cuisses. Me mordre la paume, parce que ça ne laisse pas de marques. Me convaincre que je suis en vie. Me tenir à distance du frigo et de mon scalpel. Pour ne pas retomber là-dedans. J'ai eu tant de mal à en sortir. Me retenir de la recontacter, Elle. Même si notre amitié me manque. Parce qu'Elle m'est nocive et que peu importe la nature de nos rapports, amantes ou amies, je sais qu'elle me fera du mal. Et que comme une chienne galeuse, je la mordrais en retour.

Faire des projets. J'ai été engagée par mon père pour réaliser les marionnettes de son spectacle. J'aime les marionnettes. C'est comme un placebo d'être humain. Rêver à un appartement bien à moi. Un endroit que je peuplerais de jouets et de livres. Se concentrer sur l'achat d'une BJD. Beaucoup de pognon foutu en l'air, peut-être, mais j'en ai besoin. Penser à l'avenir de mon couple, mais pas trop. Ne pas me retrouver blessée et déçue, donner et ne pas attendre quoi que ce soit en retour. Espérer. Ecrire. Beaucoup, souvent. Me contenir. Se dire que demain est un autre jour, que je dormirais et que ça ira mieux.

Mais voilà, je n'arrive plus à m'endormir. Et ça ne va pas mieux.

Posté par Cheshire_cat à 14:29 - 3615 Ma Vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Gwladys

Je m'éveille. Derrière les stores, la lune, livide et boursouflée comme un ventre de femme enceinte, éclaire ma chambre d'une lueur glauque. Je ne l'entends pas... Mais je sais qu'il est là. Le monstre est revenu. Il est revenu me chercher.
L'angoisse me laboure les entrailles. Je n'ose pas bouger. Je n'ose pas crier. Je suis à nouveau une toute petite fille. Peu importe mes premières rides, mon fils Théo ou Joseph, mon compagnon, qui ronfle doucement à mes côtés. Ils ne font pas un bouclier assez épais entre moi et les ténèbres. J'ai six ans et je frissonne de terreur sous les draps d'un lit trop grand.

"Gwladys..."

Sa voix n'a pas changé. Suave... Enjôleuse... Perfide. Je garde le silence. Mon coeur bat trop fort, bien trop fort...

"Gwladys... Tu sais que tu ne peux pas te cacher..."

Sur le mur, l'ombre d'une branche se découpe. Ombre noire comme une tâche d'encre de Chine. Ombre qui remue, qui ondule, qui pulse. Ombre qui vit presque. Qui m'hypnotise. Qui me paralyse.

"Gwladys... J'ai faim... Pourquoi est-ce que tu ne me donnes pas à manger ?"

Son ton s'est fait geignard, impératif. Mes lèvres s'écartent enfin. Ma voix tremblante sonne dans le silence comme un sanglot d'enfant...

"Je ne veux plus jouer ! Va-t'en !
-Gwladys... Gwladys... J'ai faim... Si faim... Je vais venir, tu sais ? Je vais venir jouer...
-Non..."

Je m'étrangle presque sur le dernier mot. Les larmes inondent mon visage tartiné de crème hydratante. Tous ces efforts pour oublier... en vain. Le monstre reprend, tendrement.

"Donne moi à manger, Gwladys... Grande soeur..."

Un gargouillis de dégoût s'échappe de ma gorge. Une chape de plomb compresse mes poumons, je suffoque. Joseph se retourne dans son sommeil mais ne se réveille pas. Chaque fibre de mon être se tend vers lui, je voudrais le secouer, l'appeler, me blottir contre lui pour qu'il me serre contre son large torse... Me persuader que ça n'était qu'un mauvais rêve. Mais mes membres pèsent une tonne, je n'arrive même pas à les remuer.

"Va-t'en...
-Donne-le moi... Donne-moi...
-Qui ?"

Parce que c'est bien d'un "qui" qu'il s'agit. Pas d'un "quoi"...

"Théo..."

Il y a un sourire mauvais dans sa voix. Mes yeux s'écarquillent. J'ai le souffle coupé, net.

"Jamais..."

Pourtant mon corps se redresse, comme celui d'un pantin sans volonté. Pourtant, je quitte la sécurité des couvertures, pose mes pieds sur la moquette. L'ombre de la branche glisse sur ma chemise de nuit, serpentine. Je frissonne.

"J'ai faim... J'ai faim... J'ai faim, j'ai faim, j'ai faim, j'ai FAIM !"

Chaque fois, sa voix me paraît plus claire. Plus proche. Il vient. L'ombre ne s'est-elle pas déjà un peu élargie ? Vite ! Je descends à la cuisine... Le hachoir est là, posé bien en évidence, comme s'il m'attendait. Je frissonne à nouveau. Je suis si vulnérable...

Tout avait commencé des années auparavant. Peu après la mort de maman. Il était apparu un jour, d'un seul coup. Visible seulement par moi. Un merveilleux compagnon de jeu, le petit frère que je ne pourrais jamais avoir. On jouait à la dînette, souvent. Je n'avais pas de viande à lui donner, alors je capturais des insectes pour lui. Je les coupais en trois, crac, crac, et je les regardais continuer de frétiller pendant qu'il mangeait. Puis ce fut le tour de lézards, de petits rongeurs. Les chiens et les chats du voisinage. Tous sacrifiés, éventrés, saignés comme des porcs au coin des bosquets. Il en voulait plus. Toujours plus. Et c'est là qu'il avait commencé à me menacer. Ce n'était pas grand chose, une coupure au genou, une égratignure à la main. Mais je savais ce que ça signifiait. Il avait faim... Le jour où il m'a réclamé une vie humaine pour la première fois, j'ai enfin réagi. Je l'ai fui, je me suis fuie moi-même. Mon premier acte de bravoure. Lui dire non. Faire ma vie sans lui. Mais à quoi bon ? Il est de nouveau là. Il est revenu pour moi...

Dans la chambre de mon fils flotte une odeur de brioche et de lait. L'odeur de ma maternité. Odeur qui me donne la nausée aujourd'hui. Parce que je vais la mâtiner de cuivre. Le chatoyant cuivre du sang...

"Gwladys..."

Je m'approche du lit de Théo. Sous sa couverture, il est lové, en position foetale. Si petit. Si fragile. Ses doigts frémissent sur son doudou, comme les pattes d'un petit singe. Théo... Mon bébé...

"Maman..."

Je me raidis, sonnée. Il a à peine murmuré mais je l'ai entendu aussi nettement que s'il avait hurlé. Maman... Non ! Pas mon fils, pas lui ! Jamais ! Je lâche mon arme improvisée. J'ai gagné. Je lui ai resisté. Le hachoir heurte mollement le sol, l'aspergeant de petites tâches goudronneuses... Je relève mes yeux pour regarder mon garçon.

Tout ce sang !

Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas possible ! Je suis couverte de sang ! OH MON DIEU ! Du sang, du sang, du sang ! Du sang sur les murs, dans mes cheveux, sur les draps, on ne distingue même plus ses traits, OH MON DIEU ! J'hurle, je cours vers ma chambre.

"JOSEPH !"

Rouge. Tout est rouge. La maison dégouline de caillots écarlates... Je hurle et je hurle à nouveau, je hurle comme une folle, comme une louve, comme la tempête... Je hurle jusqu'à ce que mes poumons me fassent mal, et je hurle encore. Mais mes cris ne suffisent pas à cacher le rire hystérique qui s'élève du plus profond des ombres :

"J'arrive, grande soeur !"

Dunkel Sarah, écrit le 28/12/07, de 19H à 1H

Posté par Cheshire_cat à 01:13 - Nouvelles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 décembre 2007

Court message

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Posté par Cheshire_cat à 12:19 - A Cookie for the Pain - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 décembre 2007

Benji

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Posté par Cheshire_cat à 23:59 - A Cookie for the Pain - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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